NaNoWriMo or not NaNoWriMo ? (1/2)

Petite précision pour ceux qui ne sont pas familiers du concept : le NaNoWriMo est le « National Novel Writing Month », ou dans sa version française « Mois (inter)National de l’Ecriture de Roman ». Le principe est de s’engager pendant 30 jours, au mois de novembre, pour écrire 50 000 mots. Pour plus d’explications, Google est votre ami.

50 000 mots, c’est beaucoup. Un calcul rapide vous informera que ça représente 1667 mots par jour, ce qui pour moi prend au moins 1h30. Et 1h30 à caser TOUS LES JOURS pendant un mois quand on travaille à temps plein, ce n’est vraiment pas évident.

Mais ça en vaut la peine 😃 J’ai participé deux fois au NaNo (et gagné ! #fierté). J’aimerais vous parler de ces deux expériences et de ce que j’en ai tiré (positif ou non). Je vous parlerai aussi des débats que j’ai récemment découverts sur le sujet et des précautions à prendre avant de s’engager dans cette petite folie. Comme le sujet mérite qu’on s’y attarde, j’ai découpé l’article en deux parties : je commencerai aujourd’hui par évoquer mes débuts de NaNoteuse.

Ecriture : Qu'est-ce que le NaNoWriMo et pourquoi y participer (ou pas)

2015 : découverte du NaNo

En mai 2015, une de mes amies auteures (autrices ? écrivaines ? je suis très partagée sur le sujet) a annoncé qu’elle voulait participer au NaNoWriMo et nous a présenté le concept. J’en avais déjà un peu entendu parler auparavant sans y faire spécialement attention, mais cette fois-là ça m’a vraiment interpellée.

Cela faisait plusieurs années que des projets de roman traînaient dans mes tiroirs. Parfois j’avais la motivation de m’y remettre et, pendant des semaines, je consacrais des heures à relire mes vieilles notes, affiner l’intrigue et les personnages, écrire quelques drabbles et me demander quand est-ce que je me sentirais enfin prête à me lancer dans la rédaction. Et puis le quotidien me rattrapait, ou bien je me lançais dans une nouvelle fanfiction, et mes idées retournaient prendre la poussière. Le concept du NaNo m’a donc beaucoup plu parce qu’il y avait ce principe d’effort intense et régulier sur un temps limité, précisément pensé pour sortir ses romans du fond du tiroir.

J’avais une vague idée de roman en tête depuis 2009 (pour vous donner une idée de la lenteur avec laquelle je développe mes histoires …), enfin plutôt un pot-pourri d’idées pour créer un univers : une ambiance dandy/XIXème siècle (je ne connaissais pas le steampunk à l’époque mais je me suis clairement orientée là-dessus depuis), l’intervention de météorites, et une héroïne qui ressemblerait à ma chère Keira Knightley. Oui je sais, ce n’est pas une association d’idées très évidente ^^

 

Comment je me suis préparée au NaNo

6 ans plus tard, ce tas d’idées (appelons celui-là Météorites) était encore un espèce de magma mal ébauché mais prometteur, et j’ai décidé d’en faire le sujet de mon NaNo. J’ai repensé l’intrigue et utilisé (en partie) la méthode des flocons pour travailler mes personnages et mes rebondissements jusqu’à aboutir à une liste de scènes assez complète – oui, je suis du genre Planificatrice à mort.

Mais avant de me lancer dans l’aventure, je n’étais pas du tout sûre d’en être capable :

  • J’avais du mal à me rendre compte de ce que représentaient 1667 mots par jour
  • Je craignais de ne pas être assez inspirée pour tenir jusqu’au bout du mois
  • Je n’étais pas certaine de pouvoir me discipliner pour écrire tous les jours entre les longues journées au bureau, les dîners en famille, les week-ends entre amis, etc.

J’ai envisagé de me mettre un objectif intermédiaire à 30 000 mots pour alléger la pression. J’étais un peu stressée, mais j’avais hâte de me lancer et de me mettre à l’épreuve !

 

Novembre : les choses sérieuses commencent  !

Le 31 octobre au soir, j’ai eu le plaisir de participer à une nuit d’écriture de lancement du NaNo, à Paris, dans la Bibliothèque du Centre Pompidou. Cette première nuit a été laborieuse (that’s what she said) (pardon). Je voyais tous les participants autour de moi pianoter furieusement sur leurs claviers alors que je n’avais qu’une tablette pas très pratique et surtout peu d’entraînement dans le mode d’écriture du NaNo.

Le principe de ce défi, c’est de privilégier la quantité sur la qualité : écrire le plus de mots possible et le plus vite possible, sans se corriger et (presque) sans se relire. Personnellement je relisais chaque jour le dernier paragraphe écrit la veille pour me remettre dans le contexte, mais pas plus. Tout simplement parce qu’on n’a pas le temps, si on veut atteindre ces fameux 50 000 mots.

Au cours du mois, j’ai utilisé un petit fichier Excel bien pratique fourni par les équipes françaises du NaNo pour mesurer mon avancée : on rentre chaque jour le nombre de mots écrits et le temps consacré, avec éventuellement quelques commentaires personnels, et ça calcule automatiquement notre total de mots, notre rythme (mots/heure), le pourcentage achevé, et le jour auquel on atteindra les 50K mots si on continue à ce rythme. Personnellement, je trouve ça très motivant de savoir exactement où j’en suis et comment je dois doser mon effort. Mais je peux comprendre que ce « fliquage » soit stressant.

Petit florilège des commentaires que je me suis notés au fil de ce long mois d’effort pour vous donner une idée de l’état d’esprit :

  • « Il faut que j’apprenne à faire taire mon inner editor »
  • « Mais pourquoi j’écris pas plus vite »
  • « J’aime mes personnages <3 »
  • « L’épuisement me guette »
  • « N’hésitons pas à réinventer l’intrigue le 25 novembre »

Comme j’en ai parlé dans mon article 5 semaines pour écrire, j’ai eu un coup de mou aux alentours des 2/3 du mois quand la fatigue a commencé à taper sérieusement. 1667 mots tous les jours, ça veut souvent dire racler sur les heures de sommeil et consacrer le maximum de son temps libre à l’écriture, quand on voudrait parfois se détendre en regardant des séries ou en sortant se balader. C’est là que c’est le plus difficile de s’accrocher. Comment s’en sortir ? Je pense qu’il faut avoir de la détermination, de la volonté, et surtout des amis impliqués pour vous encourager quand ça devient difficile ! Les efforts ont fini par payer : j’ai franchi la barre des 50 000 mots le 28 novembre.

 

Que se passe-t-il quand on termine le NaNo ?

A la fin du mois de novembre, j’étais arrivée environ à la moitié de mon histoire. 50 000 mots, ça ne fait qu’une centaine de pages Word, et bien sûr tout ça était complètement à l’état de sous-premier jet très brouillonnesque. Il paraît que depuis que le NaNo est devenu populaire, les éditeurs redoutent le mois de décembre comme la peste (surtout aux Etats-Unis) parce qu’un tas de participants leur envoient leurs textes bruts dès qu’ils ont atteint les 50 000 mots, parfois sans les relire du tout ni les retravailler. J’avoue que je ne comprends pas comment on peut être aveugle au point de penser que ce qui sort d’un NaNo est publiable O_o Même les plus grands auteurs ne prétendent pas produire des textes de génie dès le premier jet, ça n’a juste aucun sens.

Pour ma part, j’ai fait une pause dans l’écriture de mon roman Météorites après le mois de novembre. J’avais vraiment besoin de souffler. J’avais prévu initialement de m’y remettre sans trop tarder et de finir le premier jet en février … J’étais clairement inconsciente ^^ Finir cette histoire a été bien plus long que prévu, et j’ai eu du mal à trouver du temps pour écrire régulièrement. Au final, ce sont les mini-défis des CampNaNo d’avril et de juillet qui m’ont permis de sortir la tête de l’eau avec des petits objectifs (écrire 5000 mots en une semaine, notamment, ou utiliser des « Word Crawls »). Enfin, fin juillet, au bout de plus de 100 000 mots, j’ai terminé mon premier jet.

party hardOuaaais, le plus dur est fait !! (ou pas)

Tout ça pour dire que le NaNo est un formidable accélérateur et un très bon coup de pied au derrière si vous avez un projet de roman mais que vous manquez de motivation pour vous lancer. ça donne un déclic. 50 000 mots et 30 jours ne suffisent pas à écrire un roman, loin (looiiiiin) de là, mais c’est un outil formidable pour rentrer dans le vif du sujet et donner de la matière à l’histoire.

Pour lire la suite de l’article et de mes aventures, c’est par ici 🙂

 

0 commentaire pour “NaNoWriMo or not NaNoWriMo ? (1/2)”

  1. « 50 000 mots, ça ne fait qu’une centaine de pages Word ». Et ça, ça blesse quand on n’est à peine capable d’écrire 50 000 mots… ^^

    Merci pour le partage de tes commentaires. J’ai un vrai faible pour « N’hésitons pas à réinventer l’intrigue le 25 novembre »

    Je trouve ça vraiment dingue que tu aies réussi (et pas que toi d’ailleurs), c’est quelque chose bien loin de mes capacités !

    1. Mais c’est pas le nombre de mots qui compte, voyons 😉 Une centaine de page Word pour un roman, ça fait incomplet, alors que pour une nouvelle forcément ce serait différent ! J’aurais beaucoup de mal à écrire au format nouvelle, je m’étale toujours beaucoup trop, alors tu vois, chacune a ses forces 🙂

      Merci en tout cas !!

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  3. Salut ! 🙂 Tout à fait d’accord avec toi sur ton expérience du NaNo, comme tu le sais d’après mon article 😉 . Un très bon accélérateur et un bon moyen de dépoussiérer et de se motiver avec des pairs. Quant à ce que les maisons d’éditions pensent du NaNo, j’ai appris ça récemment aussi, et je commence à me dire qu’il vaut mieux ne pas trop dire que l’on a été NaNoteur le jour où l’on rencontre des professionnels de l’édition ^^ ( ce qui n’est pas pour demain donc tout va bien 😉 )

    1. Je ne sais pas s’il faut cacher qu’on a été NaNoteur, mais je pense qu’il faut éviter de choisir le mois de décembre pour débarquer en disant : « coucou j’ai un roman tout frais ! » 😉

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