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Comment utiliser le sous-texte dans son roman

Comment approfondir à la fois les personnages de son roman et leurs dialogues ? Quand on écrit des dialogues, on est souvent tenté de faire dire aux personnages exactement ce qu’ils pensent. Mais l’utilisation du sous-texte peut vous aider à passer au niveau supérieur, en cachant des informations pour mieux les mettre en valeur. Dans cet article, je vous explique ce qu’est le sous-texte et comment l’utiliser dans votre roman.


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Comment utiliser le sous-texte dans son roman

Qu’est-ce que le sous-texte ?

Le sous-texte, c’est tout simplement ce qui est sous la surface de ce qui est exprimé dans le texte : le sous-entendu, le non-dit, l’implicite. Toutes les choses dont les lecteurs vont avoir une conscience plus ou moins précise, même si ni le narrateur, ni les personnages ne les disent explicitement.

Cela peut se traduire par des gestes, un ton, des expressions du visage ou des silences – mais le sous-texte peut aussi se cacher entre les lignes, derrière des paroles à double sens.

Au-delà de révéler des choses que les personnages ne disent pas, le sous-texte peut même aller jusqu’à donner des indications sur ce qu’ils pensent et désirent inconsciemment.

L’intérêt d’utiliser du sous-texte

Le sous-texte permet plusieurs choses :

  • Il apporte un supplément de nuances aux personnages et rend donc le récit plus profond, plus complexe
  • En allant à l’encontre des attentes du lecteur, il peut apporter un élément de surprise ou d’humour
  • Il peut être révélateur des relations qu’entretiennent deux personnages qui dialoguent, de leur familiarité ou d’un passé commun
  • En les déguisant, il rend les émotions plus puissantes et permet de les exprimer de façon moins « niaise »
  • Comme l’ironie dramatique, le sous-texte donne la possibilité au lecteur de se sentir intelligent et de participer plus activement à l’histoire. Plutôt que de tout expliciter (en disant par exemple : « Catherine savait bien que Jean-Matthieu était très gentil sous ses gros airs de brute »), il s’agit de laisser le lecteur comprendre les choses par lui-même. C’est ce qui fait tout le sel de la fameuse technique « montrer plutôt que raconter ».

>> Lire aussi : Comment utiliser l’ironie dramatique

Les contraintes du sous-texte sur la narration

Attention : le sous-texte ne peut être employé que pour les personnages qui sont observés par le narrateur. Dans une narration focalisée avec un point de vue profond, le narrateur partage toutes ses pensées avec le lecteur. L’implicite y est donc quasiment impossible.

En revanche, ce narrateur ne connaît pas du tout les pensées des autres personnages, ce qui va laisser bien plus de place pour leur sous-texte et pour d’éventuelles révélations ultérieures.

>> Lire aussi : Les différents types de narration du roman

Le sous-texte repose sur le mystère qui se crée autour de certains personnages. Pour le préserver et laisser le lecteur aboutir à ses propres conclusions sans être guidé trop facilement, il est donc important que le narrateur ne soit pas trop perspicace dès le départ. S’il est très observateur, ou s’il connaît déjà tout sur les autres personnages, le mystère ne pourra pas tenir.

La difficulté est de trouver l’équilibre entre donner suffisamment d’indices au lecteur pour l’aider à comprendre ce qu’il se passe, et préserver un maximum de mystère, au risque de laisser le lecteur dans le flou et de le perdre.


Comment intégrer du sous-texte dans son roman ?

La base du sous-texte : la construction des personnages

La première chose à identifier pour créer du sous-texte est la suivante : qu’est-ce que les personnages ont à cacher ? Pourquoi ne sont-ils pas transparents et explicites dans ce qu’ils disent ?

Sans secret, le sous-texte n’a pas de raison d’être.

Pour apporter ce niveau de mystère, il faut donc créer des personnages qui ont plusieurs facettes et ne révèlent pas les mêmes à tout le monde, ou bien un passé trouble et méconnu.

Leur secret est aussi important que la raison pour laquelle ils ne souhaitent pas le révéler. C’est ce qui contribuera à les rendre plus complexes, plus contrastés et plus intéressants.

Intégrer du sous-texte dans les dialogues

Dans un roman, le sous-texte est principalement utilisé dans les dialogues.

Voici quelques exemples de situations :

  • Les personnages ne sont pas libres de parler clairement (ils sont en présence de leurs enfants, ou dans un lieu public, ou devant des ennemis qui ne doivent surtout pas deviner leurs plans)
  • Par honte ou par timidité, ils n’osent pas exprimer franchement ce qu’ils ont à dire (une déclaration d’amour, par exemple)
  • L’un des personnages veut exercer un pouvoir sur l’autre en le laissant dans le trouble quant à ses véritables intentions

Une façon relativement simple d’utiliser du sous-texte dans les dialogues de votre roman est de l’intégrer dans un échange question-réponse en supprimant l’une ou l’autre, pour mélanger l’implicite et l’explicite. Soit le personnage ne répond que par un silence, ou un geste, soit au contraire il répond explicitement à une question qui n’a pas été posée à voix haute.

Par exemple :

« – Jean-Matthieu, j’aimerais qu’on discute, fit Catherine en croisant les bras.

Jean-Matthieu prit une bière dans le frigidaire en soupirant.

  • Non, Catherine, n’insite pas. Je n’ai vraiment pas envie d’aller passer le week-end chez tes parents. »

Une autre façon est de faire parler un personnage en employant des euphémismes ou de l’ironie, pour mettre en avant ce qu’il a à dire en faisant semblant de le minimiser..

La façon dont les personnages se tiennent et se comportent peut aussi communiquer beaucoup d’informations implicites sur ce que les personnages ressentent, ce qu’ils désirent, ou le message qu’ils veulent faire passer.

Est-ce qu’ils sont debout ou assis, proches ou distants, immobiles ou agités ?

Leurs inflexions de ton, leurs expressions faciales peuvent également être révélatrices de leurs émotions – ou, au contraire, de leur capacité à les déguiser.

Attention : il n’est pas nécessaire d’avoir du sous-texte dans tous les dialogues, au risque de rendre votre roman trop hermétique pour les lecteurs. N’oubliez pas que, pour s’intéresser à l’histoire, vos lecteurs doivent avoir une idée claire de l’objectif que les personnages désirent atteindre, et pourquoi.

Dans le doute, n’hésitez pas à solliciter vos bêta-lecteurs pour vous assurer qu’ils ne sont pas perdus.

>> Lire aussi : La gestion des bêta-lecteurs, vue par Jenna Moreci

Utiliser les détails du décor pour transmettre des informations

Le sous-texte peut aussi être exprimé par l’atmosphère de la scène, l’ambiance du cadre dans lequel elle se déroule.

Pour souligner la tension d’une scène et la nervosité des personnages, on peut choisir comme décor une rue déserte plongée dans l’obscurité, ou bien une chambre surchauffée où la climatisation ne fonctionne pas. À l’inverse, pour évoquer un moment de détente et de relâchement, on peut choisir un décor en plein air, plein de couleurs et de lumière.

Dans la description d’un personnage ou de l’endroit où il habite, les détails peuvent être révélateurs de sa personnalité. Au lieu de dire platement que l’héroïne est méticuleuse, on peut décrire son salon où toutes les surfaces sont propres et cirées et où aucun grain de poussière n’est visible.


Et vous, comment utilisez-vous le sous-texte dans vos romans ?

Intégrer du sous-texte n’est pas simple au premier abord : cela implique de bien connaître ses personnages et de maîtriser parfaitement les tenants et aboutissants de chaque dialogue. Souvent, c’est un aspect du style qui n’est affiné qu’au cours des corrections, et pas dès le premier jet.

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PS : un des articles que j’ai utilisé pour faire des recherches sur ce sujet cite une scène du film Dirty Dancing comme un excellent exemple de sous-texte, et comme je suis super fan de Dirty Dancing, je ne peux que vous partager ce lien (en anglais).


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