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Alpha-lecteurs et partenaires de critique : les précieux alliés de l’écrivain

Qu’est-ce qu’un alpha-lecteur ou un partenaire de critique ? La pratique consistant à faire appel à des bêta-lecteurs et bêta-lectrices s’est bien répandue ces dernières années, nos chers « BL » ayant pour rôle de relire des manuscrits déjà bien aboutis avant les dernières phases de corrections. Mais le recours aux alpha-lecteurs (souvent appelés critique partners, partenaires de critique, dans les pays anglo-saxons) est plus rare. Dans cet article, je vous explique à quoi servent les alpha lecteurs et comment ils ou elles peuvent vous aider à écrire votre roman.

J’ai initialement découvert le concept des alpha-lecteurs grâce à Élodie Agnesotti, dont le processus d’écriture s’éloigne souvent des sentiers battus 😉

Le terme de « partenaire de critique » revient aussi souvent dans les vidéos de Jenna Moreci et me semble plus répandu chez les Anglo-saxons. À noter que la différence que Jenna Moreci fait n’est pas tout à fait la même que la mienne : dans sa conception, les bêta-lecteurs sont simplement des lecteurs, qui vont donner un avis assez basique sur l’histoire (j’aime / j’aime pas). Les partenaires de critique, eux, iront bien plus dans le détail et pourront proposer des corrections sur la forme et sur le fond.

Alpha-lecteurs et partenaires de critique

Le rôle des alpha-lecteurs

Un alpha-lecteur ou une alpha-lectrice, c’est un autre auteur, voire un éditeur, qui va vous accompagner tout au long de l’écriture de votre roman. Contrairement aux bêta-lecteurs qui n’interviennent que vers la fin du processus, les alpha-lecteurs peuvent vous épauler dès vos premières réflexions.

L’idée est de leur faire lire votre manuscrit au fur et à mesure de son écriture, mais aussi d’échanger régulièrement avec eux de façon plus large au sujet de votre histoire.

Leur rôle est multiple, puisqu’ils sont à la fois :

  • Un tamis pour trier vos idées d’histoires : le froncement de sourcil perplexe ou le regard pétillant de curiosité d’un alpha-lecteur est un excellent test pour savoir si le concept qui vous trotte dans la tête est prometteur, un peu trop cliché, ou carrément à jeter.
  • Une table de ping-pong sur laquelle faire rebondir vos idées en vrac : souvent, le simple fait d’exprimer ses pensées aide à les mettre au clair.
  • Un relecteur : au fil des chapitres, l’alpha-lecteur vous indiquera les points forts et les axes d’amélioration de votre histoire.
  • Une source de solutions pour résoudre vos incohérences : il arrive qu’on se prenne la tête pendant des jours, voire des semaines, pour régler un gros problème dans notre intrigue. On a tellement le nez dans le guidon qu’on n’arrive pas à se détacher de toutes les ramifications compliquées de ce souci. Parfois, une personne qui a plus de recul sur notre histoire pourra suggérer une solution aussi simple que brillante.
  • Une oreille attentive : écrire un roman est souvent un exercice long et difficile, où les doutes et le syndrome de l’imposteur rôdent. Pouvoir s’épancher auprès d’un autre auteur qui comprend parfaitement les difficultés que ça représente est précieux.
  • Une réserve de motivation et d’encouragement : quand on procrastine sur son roman et qu’on se demande qui pourra bien vouloir le lire un jour, quoi de mieux que d’être reboosté par quelqu’un qui est déjà en train de le lire et qui réclame la suite ?
  • Un garde-fou : l’alpha-lecteur n’est pas seulement un(e) cheerleader, c’est aussi quelqu’un qui vous remet dans le droit chemin. Vous ne prenez plus le temps d’écrire ? Vous vous laissez distraire par douze nouvelles idées d’histoires ? L’alpha-lecteur vous rappelle à l’ordre.
  • Le début d’un réseau : si vous envisagez de faire carrière dans l’écriture, il vous sera très utile de pouvoir compter sur l’appui de collègues auteurs. S’il ou elle est déjà publié(e), votre alpha-lecteur pourra parler de vous à son éditeur. Quand votre roman paraîtra, il pourra aussi en faire la promotion auprès de sa propre communauté.

En revanche, un alpha-lecteur ne remplace pas un correcteur professionnel (qui s’attaquera à tous vos problèmes d’orthographe, de grammaire ou de ponctuation de votre texte).


Dois-je faire appel à un alpha-lecteur pour mon roman ?

C’est entièrement à vous de choisir.

Que ce soit par peur du ridicule, peur de se faire influencer et de perdre le contrôle de son histoire, ou par l’envie de ne pas révéler les coulisses de son écriture, il n’est pas facile de partager ses idées de roman avant d’avoir écrit un manuscrit qui se tienne.

Pour ma part, je ne l’ai jamais fait pour mes romans… Mais dans la mesure où j’ai dû à chaque fois réécrire 80% de mes premiers jets après m’être rendu compte que j’avais complètement fait fausse route, je pense de plus en plus que c’est une option à tester.

D’ailleurs, lorsque j’ai écrit deux nouvelles l’hiver dernier en vue de participer à un recueil, j’ai présenté les synopsis aux deux autrices qui devaient également y participer. Outre que j’ai beaucoup apprécié le fait d’avoir des retours positifs dès ce stade de l’écriture, l’une d’elles a identifié que la fin d’une de mes histoires ne collait pas à l’esprit du recueil, ce qui m’a permis de la repenser avant de me lancer dans la rédaction.

D’autre part, je garde un souvenir très heureux de l’époque où j’écrivais des fanfictions et où je publiais les chapitres au fur et à mesure, en recevant les suggestions et les encouragements de mes lecteurs. C’est une émulation que j’aurai certainement plaisir à retrouver.

Vous pouvez faire appel à des alpha-lecteurs quand vous voulez, quel que soit le stade d’écriture de votre roman, qu’il soit seulement à l’état d’ébauche ou bien que vous ayez déjà bien avancé le premier jet.
Vous pouvez envoyer vos chapitres au fur et à mesure, ou bien attendre d’avoir finalisé un brouillon complet.
Vous pouvez attendre les retours de vos alpha-lecteurs avant de poursuivre la rédaction de votre histoire, ou continuer et modifier les choses en fonction de leurs retours.

À vous de trouver le fonctionnement qui vous convient. Comme d’habitude en écriture, il n’y a pas de règle stricte.


Comment choisir son partenaire ou son groupe de critique ?

Vos alpha-lecteurs seront généralement amenés à vous demander de leur rendre la pareille et d’étudier leur manuscrit en échange. Assurez-vous donc en premier lieu que vous aurez l’envie et la disponibilité de le faire, afin d’éviter les mauvaises surprises. Il est souvent plus simple d’écrire dans les mêmes genres littéraires – ou au moins d’en lire beaucoup.

Il me semble important de veiller à être au même « niveau » d’écriture que votre alpha-lecteur. Si vous avez beaucoup étudié les techniques de structure, de caractérisation de personnages ou de narration, mais que votre alpha-lecteur n’y connaît rien, il lui sera plus difficile de vous aider.

Enfin, essayez de faire en sorte que chacun ait des talents complémentaires : l’un pourra être un pro du suspense, l’autre un expert des scènes d’action.

Certains alpha-lecteurs fonctionnent en petits groupes, dont la taille peut varier en fonction du rythme d’écriture et des besoins de chacun : jusqu’à cinq personnes, voire plus. Si votre groupe s’étoffe, vous en viendrez peut-être à identifier une personne dont vous vous sentirez particulièrement proche et qui deviendra votre alpha-lecteur/lectrice de référence.

Dans tous les cas, il est recommandé d’être très transparents et honnêtes dans la mise en place de votre duo, trio ou groupe de critique. Vous allez vous dire des choses qui ne seront pas toujours faciles à entendre et il est important de trouver la ou les bonnes personnes pour ça. Vos alpha-lecteurs pourront devenir des amis, mais il n’est pas forcément idéal de faire appel à vos amis actuels pour devenir vos alpha-lecteurs.

Mettez-vous d’accord sur la durée et les modalités de votre association : prévoyez-vous de travailler ensemble pendant six mois ? Un an ? Deux ans ? À quelle fréquence allez-vous vous demander des retours ? Sur combien de pages à la fois ? En vous laissant combien de temps pour répondre ?

Envisagez de faire un test sur une courte période et d’évaluer franchement si ce fonctionnement vous convient. N’hésitez pas à tester plusieurs alpha-lecteurs.


Où trouver des alpha-lecteurs ?

En chaque auteur se cache un alpha-lecteur potentiel !

Vous pouvez donc lancer votre recherche partout où vous interagissez avec d’autres auteurs : dans des groupes Facebook, sur des forums (Cocyclics, Jeunes Écrivains, Plume d’Argent…), sur Twitter, sur Instagram, sur YouTube, sur Discord, sur Wattpad, dans des ateliers d’écriture…

Si vous avez du mal à trouver des auteurs de confiance dans votre entourage, ou si vous recherchez une expertise particulière, vous pouvez aussi faire appel aux services d’alpha-lecteurs professionnels, qui seront alors rémunérés pour leurs services. L’avantage, c’est que vous n’aurez pas à analyser de texte en échange.

PS : si vous souhaitez commencer en demandant simplement un avis sur votre synopsis ou sur le début de votre manuscrit, vous pouvez aussi faire appel à moi 🙂 Cliquez ici pour en savoir plus.


Comment être un bon alpha-lecteur ?

Les recommandations données aux bêta-lecteurs s’appliquent généralement bien à leurs cousins alphas.

Je vous conseille donc :

  • D’être positif et bienveillant, de signaler les passages qui vous plaisent pour éviter que l’auteur les supprime au cours des corrections
  • D’être tout de même franc : vous relisez un premier jet, la probabilité qu’il soit parfait est donc très faible 😉 Votre rôle est d’aider l’auteur à progresser, pas de lui jeter des fleurs
  • D’être aussi descriptif que possible pour expliquer pourquoi vous aimez ou n’aimez pas tel ou tel passage. Est-ce que le rythme est trop lent ? Est-ce que les actions sont confuses ? N’hésitez pas à donner des détails sur vos ressentis pour que vos retours soient constructifs
  • Si la personne dont vous lisez le texte le souhaite, vous pouvez proposer des améliorations ou suggérer des idées d’intrigue, mais évitez de les imposer. Même si vous êtes convaincu(e) que ça serait mieux, ce sera toujours l’auteur qui prendra les décisions créatives au final

J’espère que cette plongée dans le monde de l’alpha-lecture et des partenaires de critique vous a plu !

Avez-vous déjà eu recours à des alpha-lecteurs ? Ou les avez-vous rencontrés ?

Si vous me lisez encore, j’ai une grande nouvelle : j’ai lancé ma chaîne YouTube ! 🥳 Ma première série de vidéos porte sur le thème « Écrire un roman : par quoi commencer ? ». Cliquez ici pour les découvrir et abonnez-vous si vous voulez soutenir la chaîne !

(Eh oui, je sais, je contredis cet article où je disais que je ne voulais pas le faire… 😉 Mais beaucoup d’autres choses ont changé dans ma vie depuis ! Et après plus de 3 ans de blog, je commençais à avoir envie de tester un nouveau format.)

2 commentaires sur “Alpha-lecteurs et partenaires de critique : les précieux alliés de l’écrivain”

  1. Je n’avais effectivement jamais entendu ce terme ! Je pensais, pour ma part, qu’un bêta-lecteur était de manière générale un tout autre regard que celui de l’écrivain sur son travail, pour lui donner un avis par exemple. J’imaginais donc « l’alpha-lecteur’ comme l’écrivain lui-même, qui est après tout le premier lecteur de son propre roman…
    Merci donc pour cet article !

    1. Merci pour ton commentaire ! Je pense qu’on peut aussi tout à fait faire intervenir un bêta-lecteur n’importe quand, et lui donner le nom qu’on veut 😉 L’idée de l’article, c’est surtout de sensibiliser au fait qu’on pouvait faire lire son texte à d’autres auteurs avant d’avoir un 1er jet abouti.

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