Ce qu’il faut savoir avant de lire (ou d’écrire) des conseils d’écriture

En tant qu’auteure, j’apprécie beaucoup de découvrir des conseils d’écriture : comment bien construire un personnage, comment rendre un méchant attachant, comment faire mordre le lecteur dès le premier paragraphe (voire la première phrase), comment structurer l’intrigue d’un roman, comment s’organiser pour écrire, etc. Je vais chercher ce type de conseils sur des blogs d’auteurs, ou dans les recommandations d’écrivains célèbres. J’ai aussi l’immense chance d’échanger depuis de longues années avec un groupe d’ami(e)s auteur(e)s qui donnent chacun(e) leur opinion et parfois leurs recommandations sur des sujets très variés.

Ecoute-moi bien, petit padawan

Avant de me lancer à mon tour dans l’exercice délicat de partager ces conseils (voire d’en donner de mon cru), je tiens à rappeler une chose qui me paraît très importante : en écriture, il n’y a pas de vérité absolue. Chaque auteur est unique et a sa propre manière de travailler. L’important est de trouver ce qui fonctionne. Que ce soit pour vous, dans votre manière de travailler, ou pour vos lecteurs dans ce qu’ils attendent de vos histoires. Vous aimez écrire tous les jours ? Tant mieux. Vous n’y arrivez pas du tout ? Ça ne veut pas dire que vous n’arriverez jamais à écrire un roman. Testez différentes méthodes et voyez ce qui marche. Si un conseil ne vous parle pas du tout, oubliez-le.

Je pense même que trop suivre les conseils d’écriture qu’on trouve sur internet, dans les manuels ou dans les cours, peut être dérangeant. De plus en plus de livres, aujourd’hui, donnent l’impression d’avoir été écrits en suivant un même modèle. Au final, ça manque d’âme. L’histoire peut rester bonne, mais le lecteur a l’impression de s’être fait avoir d’une certaine façon. Et on perd une certaine forme de diversité. Par exemple, on entend toujours dire à quel point le début d’un roman est capital pour retenir l’attention du lecteur. Mais regardez le Seigneur des Anneaux : combien de lecteurs ont flanché sur les premiers chapitres ? Est-ce que Tolkien est pour autant un mauvais auteur ? Est-ce que ça lui a coûté son succès ? Voilà.

Je n’applique pas à la lettre tous les conseils qu’on me donne, loin de là. Mais ils m’aident à prendre du recul sur ce que j’écris et analyser les forces et faiblesses de mes textes. Ils me font réfléchir et me donnent envie d’aller plus loin. Et certains sont vraiment de bons conseils !

Tout ça pour dire que si vous n’êtes pas d’accord avec les avis que je pourrai donner sur ce blog, n’hésitez pas à le dire. Je serai ravie d’en discuter.

PS – edit du 15/11/17 : la grande prêtresse JK Rowling a un mot à dire sur la question <3

0 commentaire pour “Ce qu’il faut savoir avant de lire (ou d’écrire) des conseils d’écriture”

  1. J’aime beaucoup ce que tu dis sur la diversité. C’est ça, dans une certaine mesure chaque auteur ou artiste a sa propre vision et sa propre manière de s’y prendre. Ça n’empêche que des fois on peut trouver de l’inspiration ou des idées avec le vécu d’autres auteurs.

    1. Bien sûr ! Je suis la première à chercher l’inspiration dans le vécu et les conseils des autres. Ce que je veux dire c’est juste qu’il ne faut pas s’obliger à tout suivre si on ne le sent pas. On peut tester tous les conseils qu’on entend mais si ça ne fonctionne pas, rien ne sert d’insister.

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  4. Je suis infiniment d’accord avec toi.
    Un jour j’ai lu une interview de l’autrice de Tara Duncan qui disait qu’elle faisait des plans détaillés de chaque chapitre : j’ai essayé, ça m’a tué, point final. Moi j’ai besoin de naviguer à vue, de me faire surprendre par mon inconscient, de travailler avec lui, et pas de tout planifier. J’ai besoin que mes personnages vivent à ma place et me disent quoi faire (je ne suis pas folle, d’ailleurs « fou » n’est pas un diagnostique). Bref.

    Globalement je dirais qu’il y a deux types d’auteurs (et de personnes, en fait, parce que ça marche aussi pour les cours à la fac et autre) : ceux qui ont besoin de tout planifier, de faire des tas de fiches sur tout (personnages, lieux, années importantes, coutumes, fêtes, climat, des cartes, des schémas, des trucs et des machins) ; de savoir à l’avance ce qu’il va se passer, de connaître le début et la fin de chacun de leur chapitre ; que tout leur chemin soit balisé tous les cinquante pas pour pas se perdre dans la grande montagne et arriver à destination ; et puis les autres. Les autres ce sont ceux qui acceptent de se perdre, de faire des détours, de ne pas tout noter. Si je prends mon cas je ne note que les choses qui ne changent pas (cosmogonies, plans des maisons, des villes, robes quand je veux m’amuser, arbres généalogiques parfois, frise chronologique (surtout pour mon prochain roman, je vais pas avoir le choix), etc.) et le reste c’est tout dans la tête !

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  6. Je tombe sur ce vieil article, et je ne pourrai PAS être plus d’accord avec toi. J’ai bouffé et bouffé des sites/vidéos/podcast/livres qui donnent des conseils d’écriture, et aujourd’hui, j’ai de l’eczéma rien qu’à l’idée de m’y replonger. J’ai l’impression d’avoir sondé la question de haut en bas, et de gauche à droite jusqu’à m’en rendre malade. Aujourd’hui, j’écris comme je veux, et s’il m’arrive d’avoir besoin d’aide sur un sujet spécifique, je pense avoir assez de connaissances pour m’en sortir;
    Par contre, donner des conseils d’écriture sur ma chaîne ou mon blog me pose de plus de plus de problème. Principalement parce que je ne veux pas qu’on croie que ce je dis est parole d’évangile, ou de donner des conseils pratiques (type : faîtes un plan sinon vous n’y arriverez jamais!) qui tombent complètement à plat pour beaucoup de gens. En fait, plus j’y pense, plus je me dis que tout ça c’est pas mal de brassage d’air. Il n’existe pas de science exacte, mais bien UNE recette pour UN auteur. Je n’ai plus envie de donner des conseils pratiques, aujourd’hui, et ça me bloque un peu.

    1. Justement je pense que c’est utile de partager ses expériences pour montrer qu’il y a plusieurs façons d’aborder l’écriture. Si on ne lit que des conseils qui disent « faites un plan ! » on peut être stressé, alors que si on lit une personne qui dit « moi j’adore les plans », une autre « j’aime bien faire des plans mais je rentre pas dans le détail », et une troisième « les plans quelle horreur », ça permet de se rendre compte de l’éventail des possibles et de trouver laquelle de ces méthodes nous correspond. Et de ne pas culpabiliser d’être d’un style plutôt que d’un autre

      1. Oui, j’ai remarqué que c’était ce que tu faisais. Tu partages tes expériences. Et c’est bien différent que de se poser en tant que « gourou » de l’écriture et dire : c’est comme ça, c’est pas comme ça. Ca me travaille un peu en ce moment ! 😀

      2. Effectivement j’essaie d’éviter de tomber dans cet écueil. J’ai pas mal d’amies qui écrivent aussi, on discute souvent d’écriture et on voit très vite qu’on n’a pas du tout la même approche. Ça aide à remettre les choses en perspective 🙂

  7. Tout à fait d’accord avec cette vision 🙂 D’où l’intérêt, quand on ressent le besoin d’avoir des conseils, d’essayer de fouiner partout, d’avoir plusieurs visions, plusieurs façons de procéder, afin de découvrir ce qui nous convient le mieux (la méthode d’untel, un mixte de plusieurs, complètement autre chose). Pour moi, c’est plus une base pour la réflexion que de vraies règles à suivre absolument.

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