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Interview : Cyril Destoky, auteur et coach

Qui se cache derrière les profils des auteurs que vous suivez sur Instagram ? J’ai aujourd’hui le grand plaisir d’interviewer Cyril Destoky, un auteur dont j’apprécie beaucoup les conseils – à défaut d’avoir eu, pour l’instant, l’occasion de lire ses histoires. Un manque que cette interview m’a donné bien envie de combler !

J’espère qu’elle vous donnera, vous aussi, envie de découvrir l’univers de Cyril Destoky.

Interview Cyril Destoky

La question rituelle pour démarrer : quel âge as-tu et dans quelle région (du monde) vis-tu ?

J’ai 27 ans et je vis actuellement en Amérique centrale.

Sur ton compte Instagram, tu partages des conseils d’écriture très généreusement… Mais tu parles très peu de toi ! Qu’est-ce que tu écris actuellement ?

Je parle en effet peu de moi, mais c’est en train de changer tout doucement.

En ce moment, j’écris un polar, j’en suis encore à la phrase de recherches. Et pour les connaisseurs, ce sera un country noir, ou polar rural, qui explorera les illusions qu’on accepte de prendre pour vraies.

Tu dis sur ton site avoir déjà écrit une quinzaine de nouvelles, une série littéraire et deux romans. Est-ce qu’on peut les lire quelque part ?

Une bonne partie de ces nouvelles sont disponibles dans mon recueil « Le Singe du Transsibérien » sur Amazon.

Pour ma série littéraire, il faudra encore un peu de patience, car elle est en relecture chez mon éditeur, mais elle devrait être bientôt disponible.

Et enfin, pour mes romans : le premier ne sera sans doute jamais publié, car c’est celui sur lequel je me suis fait la main. Je l’ai réécrit de nombreuses fois, pendant plusieurs années, jusqu’à atteindre le niveau que je souhaitais. À ce moment-là, j’ai vraiment eu le sentiment de passer un cap. J’ai alors écrit un deuxième roman, « Cole Blood », que je vais autoéditer dans les prochains mois.

Je dois avouer que je ne connais à peu près aucun de tes auteurs préférés ^^ Mais j’ai cru comprendre que certains genres littéraires méconnus te tenaient à cœur ! Est-ce que tu peux en dire un mot ?

En ce moment, pour mon roman en cours, je lis beaucoup de Country noir. C’est un genre qui déplace le roman noir très urbain vers les campagnes oubliées ou les villes un peu moins connues. Plutôt que de la mafia, des institutions corrompues et des grandes entreprises, ça parle souvent des laissés pour compte, des pauvres, des oubliés. J’adore Cormac McCarthy et Donald Ray Pollock.

Je suis également un grand amateur de Millennial Lit, je ne sais même pas si on peut parler d’un genre mais ça parle de millennials, évidemment, et de la fracture entre la génération de leurs parents et la leur. Je suis fan de Sally Rooney, et on peut également citer Otessa Moshfegh et Naoise Dolan.

Et puis j’aime bien le New Weird, qui est déjà un peu plus connu, puisque c’est l’héritage direct de Lovecraft. C’est un genre qui, pour moi, a renouvelé la Fantasy. China Miéville, Jeff VanderMeer ou Thomas Ligotti en sont de bons représentants. Je me définis comme un omnilecteur : je ne m’interdis aucun genre.

Tu es très actif sur la plateforme Quora. Qu’est-ce qu’elle t’a apporté ? Est-ce que tu recommandes de l’utiliser ?

J’ai été très actif, mais je ne le suis plus. La raison, c’est que je me suis lassé de voir que mes réponses de 3000 mots, publiées gratuitement, étaient censurées une fois sur deux par l’équipe du site, sans que j’en sois prévenu et sans explication. Cette lassitude est partagée par beaucoup, raison pour laquelle peu d’auteurs restent longtemps sur la plateforme.

Par contre, c’est quand même sur Quora que j’ai découvert la valeur de mes conseils. À l’époque, je me contentais de parler de mon expérience, et beaucoup d’auteurs novices ont aimé ce côté « il sait de quoi il parle », car ils étaient habitués à toujours lire les mêmes conseils répétés en boucle. Ça a été le point de départ.

Mais avec le recul, si c’était à refaire, je m’orienterais tout de suite vers Instagram.

Tu partages souvent les erreurs que tu retrouves dans les manuscrits. Quelles sont les plus fréquentes ?

Je crois que ce sont avant tout des erreurs d’attitude, bien plus que des erreurs techniques. Par exemple, vouloir à tout prix prouver qu’on est légitime est une erreur d’attitude, et ça mène souvent à une prose prétentieuse et bancale.

Les erreurs d’attitude les plus fréquentes sont : chercher à impressionner plutôt qu’à écrire une bonne histoire, vouloir faire trop original ou encore prendre le style pour un simple détail.

Quels sont les livres, les formations ou les conseils qui t’ont le plus aidé à progresser dans l’écriture ?

D’abord, « L’art d’écrire enseigné en vingt leçons », d’Antoine Albalat. Il a un siècle, mais quelle mine d’or! C’est lui qui m’a fait comprendre l’importance d’un bon style. « Conduire sa barque » d’Ursula Le Guin a aussi été d’une grande aide. Il est très complet.

Pour tout ce qui est livre, je trouve qu’on se concentre trop sur les manuels d’écriture de scénarios. Un roman, ce n’est pas un scénario. Truby, Vogler et McKee, ils vous apprennent à écrire un film, il ne faut pas l’oublier. Ça peut aider, mais ça a tendance à réduire le roman à son intrigue, ce qui est pour moi une erreur.

Je me suis peu formé à mes débuts, et je le regrette aujourd’hui. J’aurais gagné énormément de temps, et ça m’aurait évité beaucoup d’erreurs. Par contre, j’étais un fou de conseils. J’en gardais des carnets entiers.

La priorité, selon moi, c’est de trouver un moyen d’être régulier, parce que vous aurez beau lire tous les conseils du monde, si vous abandonnez l’écriture dans trois semaines, ça n’aura servi à rien.

Ce qui m’a le plus aidé à m’améliorer, c’est de comprendre qu’il faut respecter ses personnages. Le niveau augmente brutalement quand on commence à les traiter comme de vraies personnes, et plus comme des éléments de l’histoire.

Tu tiens un blog, tu animes ton Instagram, tu proposes des services de bêta-lecture et de coaching d’écriture… Est-ce que l’écriture t’occupe à temps plein ?

Actuellement oui. Mon défi de cette année, c’est d’arriver à en vivre à 100%. Si je réussis, j’aurai la chance de passer mes journées à faire ce que j’aime, comme c’est le cas pour l’instant.

Est-ce que tu es plutôt un auteur solitaire ou est-ce que tu t’entoures d’alpha/beta-lecteurs ?

Je suis un auteur plutôt solitaire au départ. J’ai une vision, et je ne veux pas que quelqu’un vienne y mettre son grain de sel. Dans un deuxième temps, je me tourne évidemment vers des bêta-lecteurs, parce que je dois savoir si ma vision a été comprise.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans l’écriture ?

La création de personnages. Je veux à tout prix convaincre mes lecteurs qu’ils existent, et s’il le faut, je n’hésite pas à écrire plus de 50 pages de développement pour les personnages principaux, avant même de poser la première ligne du roman.

Et qu’est-ce que tu aimes le moins ?

Les recherches. C’est nécessaire, mais tellement chronophage. Je suis en plein dedans :’(

Quels sont tes prochains projets ? Je travaille activement sur ma chaîne Youtube, mais j’ai pris beaucoup de retard. J’aimerais bien devenir un jour une figure connue dans le monde de l’écriture sur cette plateforme. Je voudrais également sortir Cole Blood prochainement (ça fait un an qu’il attend bien au chaud).

La question rituelle pour finir : quelle question aurais-tu aimé que je te pose ?

Peut-être mon roman préféré ? C’est « Et quelquefois j’ai comme une grande idée », de Ken Kesey.


Merci Cyril (ou pas ^^) d’avoir contribué à enrichir encore plus ma PAL !

Retrouvez Cyril Destoky sur son compte Instagram et sur son site.

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