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Bêta-lecture : 3 erreurs récurrentes dans les romans

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir Éléonore de Bêta-Lecture & Co pour un article exclusif et très instructif ! Éléonore, bêta-lectrice et correctrice professionnelle, nous présente les erreurs les plus fréquentes dans les manuscrits des auteurs qui débutent.

3 erreurs fréquentes dans les romans

3 erreurs récurrentes et que je retrouve dans les romans…

… mais aussi des questions pour les détecter et quelques pistes (exemples à l’appui) pour les éviter 😊

Bonjour et d’abord merci à Astrid de m’avoir invitée sur son blog.

Je suis Éléonore de Bêta-Lecture & Co, autrice, bêta-lectrice et correctrice professionnelle. J’aide les auteurs à corriger leur roman sur le fond comme sur la forme pour qu’ils obtiennent la meilleure version possible de leur histoire.

En 6 ans, j’ai bêta-lu un grand nombre de manuscrits et je rencontre souvent les mêmes erreurs. Je vous en livre 3 aujourd’hui pour que vous puissiez vérifier qu’elles ne se retrouvent pas dans votre texte et, si c’est le cas, les corriger. Prêt.e ?

bêta-lecture & co

Erreur n°1 : Un début pas assez accrocheur

Première erreur que je retrouve dans les manuscrits : le début du roman n’est pas assez accrocheur

Le début de votre histoire est crucial. Que vous destiniez votre manuscrit à des maisons d’édition ou à l’autoédition, vous n’avez que quelques pages pour séduire l’éditeur (en 10 à 20 pages, il s’est déjà fait une idée et sait s’il va continuer ou non sa lecture) ou le lecteur (potentiel acheteur !).

L’entame de votre roman doit donner à celui qui vous lit des informations importantes – il doit rapidement savoir dans quelle histoire il s’embarque – ET surtout une envie folle de connaître la suite.

Votre début de roman doit comporter des réponses aux questions de base

Où ? Quand ? Qui ? De quel genre est votre roman, quel est le ton, le style : votre lecteur a besoin de connaître le cadre de votre histoire. Fantasy, SF, Steampunk, autobiographie, enquête policière… vous devez annoncer la couleur tout de suite. À Paris, sur Mars, en plein cœur de la Comté ? En 2240, au Moyen Âge, en mars dernier ? Dans un appartement, un château hanté, un vaisseau, une base lunaire, une ferme en plein cœur du Berry ?

Le ton est-il fleuri, plein de sensations, ampoulé ? Le narrateur est-il omniscient ? La narration est-elle à la première ou troisième personne ?

En quelques lignes, vous plantez le décor et un cadre. Ce qui permet à votre lecteur de se projeter dans votre histoire.

Voilà, il y est. Maintenant qu’il sait si l’histoire peut lui plaire : il aime la fantasy et la narration à la troisième personne, au passé (top, c’est le cas de votre œuvre !), il va falloir le ferrer.

Votre accroche de roman doit donner envie de lire la suite

Et pour cela, vous devez rapidement faire comprendre au lecteur quel est votre personnage principal (ou vos personnages principaux).

Quel est son problème ? Quel est son but ? Quelles sont ses motivations ? Et surtout les enjeux de sa « quête ». J’en reparle juste après.

Sans oublier de mettre du conflit ! Interne, externe, relationnel, peu importe, il doit y avoir du conflit. Le conflit, c’est le sel de votre roman. Y en a-t-il dans vos premières pages ?


Erreur n°2 : Pas assez d’enjeux

Deuxième erreur que je retrouve dans les histoires de mes client.e.s : le manque d’enjeux

En d’autres termes, votre personnage a un but, mais qu’a-t-il à gagner s’il réussit et surtout que risque-t-il s’il échoue ?

Qu’a-t-il à perdre ? Son travail, sa bien-aimée, la confiance de son enfant, son honneur, la vie ?

Le lecteur doit comprendre rapidement quel est l’enjeu pour le personnage principal (dans les 25 premiers % ou le premier tiers du roman maximum). C’est le cas dans votre histoire ?

Pour être accroché (continuer sa lecture), le lecteur a besoin de savoir pour quelle raison votre personnage va lutter, se battre. Et ce qu’il doit craindre pour lui.

Par exemple :

Mike travaille dans un cabinet d’avocats.

Mais il n’a jamais été à Harvard et n’est pas avocat (c’est son secret).

Son but avoué : faire gagner ses clients.

Ses buts plus profonds : trouver sa place et son utilité dans la société, l’amour aussi, se réaliser, utiliser tout son potentiel tout en gardant une certaine éthique. Réussir !

L’enjeu : que son secret soit découvert et qu’il perde son travail et sa réputation, mettant en péril ses projets amoureux et son avenir professionnel et personnel.

Cette crainte, cette incertitude, génère de la tension narrative et c’est ce qui embarque le spectateur et le ferre ! Il va avoir une envie irrésistible de tourner la page suivante pour savoir ce qui se passe et si Mike ne va pas se faire prendre.

Je vous invite à regarder « Suits » sur Netflix : un bel exemple d’enjeu narratif qui tient sur des saisons entières !


Erreur n°3 : Des descriptions trop plates

Troisième erreur que je trouve souvent dans les romans : les descriptions sont inexistantes ou manquent de relief

À quoi servent les descriptions ?

Elles permettent au lecteur de visualiser un lieu, un personnage, mais aussi de l’immerger dans une ambiance (joyeuse, glauque, glaciale, désertique, effrayante…), de lui faire vivre les émotions des personnages (peine, douleur, colère, joie…) et de les caractériser.

Les descriptions : une question de dosage ?

Doser ses descriptions, c’est difficile. On aime d’ailleurs de moins en moins lire des pages entières décrivant un paysage ou les 20 attractions d’une fête foraine. C’est peut-être un tort, en tout cas, ce n’est plus la mode.

Mais les descriptions sont indispensables, sous peine de plonger le lecteur dans une pièce blanche ou de laisser votre personnage parler à un voisin sans visage ni particularité. Vous imaginez ?

Donc, le mieux est de croquer des personnages en quelques traits bien choisis, et je ne parle pas que de physique 😉

Pour les lieux, tout dépend de ce que vous voulez insuffler comme ambiance, de ce qui compte à ce moment de l’histoire ou encore de l’état d’esprit de votre personnage.

Je vous propose un exemple, une fois encore, c’est plus parlant :

*Imaginez une chambre d’hôpital et essayez de la décrire en 3 phrases maximum, d’abord en y instillant une ambiance pesante. Votre personnage se fait du souci pour Sarah, qui est dans le lit face à lui.

*3 autres phrases, mais cette fois, la même chambre se trouve dans le service de maternité et la famille vient rendre visite au bébé.

*3 autres phrases, en pleine action cette fois, votre héros ne fait que passer, il a volé des documents importants à un patient dans le service d’à côté et tente de s’enfuir.

*3 autres phrases encore pour décrire un médecin qui visite une patiente qu’il vient d’opérer avec succès. Il entre, elle dort.

La chambre est la même, mais les éléments qui importent dans votre histoire, à ce moment T, pour votre personnage principal, afin de décrire ce lieu sont complètement différents.

Dans le premier exemple, on pourra parler de l’odeur de désinfectant trop présente (Thomas mâche frénétiquement trois chewing-gums à la menthe forte pour essayer de chasser cette odeur qu’il déteste), du goutte-à-goutte, des bips stressants des appareils qui maintiennent sa fiancée en vie, des infirmières qui courent vers une urgence dans le couloir, de la main trop fraîche et trop molle de Sarah sur le drap rêche.

Alors que dans le dernier exemple, on évitera de parler de l’odeur de désinfectant, le médecin y est devenu insensible, mais de celle du bouquet de fleurs apporté par la famille. Il notera que les appareils fonctionnent bien et que les constantes sont normales. Il l’écrira sur la feuille de suivi accroché au lit. Il réalisera que sa nuque le fait souffrir et que les rayons du soleil commencent à poindre : l’opération à durer plus longtemps que prévu. Etc.

Vous voyez ce que je veux dire ?

Les descriptions les plus efficaces pour immerger le lecteur font appel aux sens et à la subjectivité des personnages

Dans les descriptions ci-dessus, j’ai sélectionné des éléments selon les besoins de la scène et les buts recherchés. On ne décrit pas juste parce qu’il faut décrire 😉

En ajoutant les autres sens, j’aide le lecteur non seulement à « voir » la scène, mais à la sentir, la toucher, l’entendre, la goutter.

Tout cela, en écrivant cette scène selon un angle particulier, un angle subjectif.

(L’homme qui veille sa petite amie Sarah déteste cet endroit synonyme de peur, de peine, de mort alors que le médecin est sur son lieu de travail. Il vient de réussir une opération difficile, il sauve des vies.)

Pour cela, il suffit de s’imaginer dans cette chambre d’hôpital dans les baskets de votre personnage.

Allez, c’est à vous de jouer ! (Vous pouvez vous entrainer avec les numéros 2 et 3 😉)

J’espère que cet article vous a plu.

Sur mon site vous pourrez trouver : d’autres conseils sur mon blog, notamment sur les techniques narratives, des guides gratuits pour vous aider à corriger votre roman et le détail de mes prestations, notamment la bêta-lecture « découverte » des 3 500 premiers mots de votre roman pour savoir si votre début est assez accrocheur 😊

Et d’autres surprises arrivent sur le site dans les semaines à venir !


Un grand merci à Éléonore pour nous avoir partagé ces précieux enseignements ! Je suis parfaitement d’accord avec tous ces conseils, que je vous encourage à bien noter.

J’espère que vous avez apprécié cette nouvelle perspective et que cet article vous a motivé(e) à aller retravailler votre texte 🙂

Faites vous ce type d’erreurs ? Qu’est-ce qui vous paraît le plus difficile dans la rédaction d’un roman ?

3 commentaires sur “Bêta-lecture : 3 erreurs récurrentes dans les romans”

  1. C’est intéressant ! J’avoue que quand je lis, je ne me rends pas forcément compte de tout le travail qu’il y a derrière le roman… Ni des points auxquels ils ont dû faire attention pour que je passe un moment agréable en les lisant. Merci beaucoup pour cet article. 😍

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